Tor : dangereux mais indispensable ?

Le réseau Tor souffre d'une réputation sulfureuse souvent liée au concept de Dark Web. Pourtant, ses utilisations sont nombreuses et pas toujours malveillantes.

C’est un des cauchemars des spécialistes de la cybersécurité, mais aussi des ardents défenseurs du Big Data. Tor – acronyme du nom complet du réseau « The Onion Router » – est un outil d’anonymisation qui a le vent en poupe auprès des hackers et autres pirates du web, mais également auprès d’utilisateurs aux motivations honnêtes. Alors qu’il représente une solution efficace pour assurer la protection de données personnelles et l’accès universel au web, le réseau souffre pourtant d’une réputation sulfureuse. Focus sur cette image ambivalente.

Tor, la mauvaise réputation

Une récente étude menée par CloudFlare, spécialiste des solutions de sécurité destinées aux sites web, vient confirmer la mauvaise image dont souffre le réseau : 94% du trafic sur ce réseau serait malveillant.

Entre spamming de commentaires, fraude au clic publicitaire ou encore extraction de contenu, les utilisations principales qui sont faites de Tor ne sont pas glorieuses. 

Face à l’image négative et étroitement liée au Dark Web, le groupe Tor Project entend bien mettre en place une stratégie de communication efficace afin de faire comprendre au grand public l’importance que joue le réseau d’anonymisation dans la lutte contre la censure, la répression et le non-respect de la confidentialité. Mené par Shari Steele, nouvelle directrice de l’association, The Onion Router souhaite modifier son image et montrer que « Tor est essentiel ».

 « Tor est essentiel »  

En effet, loin de toutes ces utilisations malveillantes du réseau d’anonymisation, celui-ci représente souvent un outil indispensable pour la liberté d’accès au web, en toute confidentialité et donc dans certains cas en toute sécurité.

Dans de nombreux pays, Tor est donc devenu un symbole de lutte contre la censure, et un moyen de contourner ces blocages empêchant les internautes d’accéder à certains services en ligne comme les réseaux sociaux, ou les plateformes d’information dissidentes.

C’est dans cet optique d’accès universel au web que Facebook mettait en place en 2014 un accès sécurisé à sa plateforme, en utilisant le réseau Tor. Quelques mois plus tard, les chiffres montrent que le réseau sécurisé représente plus qu’un simple effet de mode et qu’il répond à un véritable besoin à travers le monde. Sur la seule période d’avril 2016, le réseau social de Mark Zuckerberg a enregistré plus d’un million d’utilisateurs se connectant via l’accès Tor dédié.

L’utilisation de l’outil The Onion Router est aussi particulièrement critique dans les pays où la considération principale n’est pas la censure, mais au contraire la protection des données privées et personnelles. Alors que de nombreuses voix s’élèvent contre le manque de confidentialité des données des internautes, Tor offre une alternative permettant une navigation quasi-anonyme sur le web. Un luxe pour de nombreux citoyens, qui utilisent de plus en plus d’outils comme les VPN mais pourraient voir en Tor une solution beaucoup plus efficace.

Entre utilisations malveillantes et outil démocratique, le réseau d’anonymisation fait donc beaucoup parler de lui depuis sa création en 2001. Le projet est en tout cas soutenu par de nombreux acteurs majeurs du web, comme Google ou encore la fondation Wikimédia qui encourageait en 2013 l’utilisation de Tor pour accéder à Wikipédia et ainsi déjouer les actions de surveillance de la NSA.

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