Au royaume du web, la propagande est reine

Le contrôle de l'Internet par les gouvernements peut prendre différentes formes. Si certains choisissent de bloquer, d'autres préfèrent les utiliser à des fins de propagande.

Si certains pays décident pour diverses raisons de fermer ou bloquer tout simplement l’accès à certains réseaux sociaux, d’autres ont bien compris que ces derniers pouvaient être utilisés d’une manière différente et manipulés afin de soigner leur image.

Spécialité de certains états peu scrupuleux, la propagande 2.0 est de plus en plus utilisée par les autorités pour distraire leurs citoyens, diffuser des messages nationalistes et plus généralement endoctriner les plus jeunes.

La Chine, fabrique à posts

Déjà spécialiste des blocages de certains sites, la Chine ne cesse de se faire remarquer dans le domaine de la gestion et de l’utilisation d’Internet par le gouvernement.

Dernièrement, une récente étude menée par des chercheurs de l’Université de Harvard a mis en lumière certaines pratiques utilisées par les autorités chinoises pour contrôler à leur façon le web national.

C’est ainsi près de 500 millions de messages qui sont créés de toutes pièces sous l’influence du gouvernement chinois chaque année et diffusés sur les réseaux sociaux et autres sites gouvernementaux accessibles aux citoyens du pays. Comme toute stratégie de propagande, le contenu de ces messages fait souvent l’éloge des dirigeants chinois, ou vantent les mérites des autorités nationales. Mais plus qu’un simple raz-de-marée d’auto-compliments, ces millions de messages ont pour but de « distraire le public et de changer la conversation » selon les chercheurs ayant menés l’étude.

En effet, l’analyse de milliers de ces messages a permis de mettre en évidence des tendances de publications lors d’événements à risques potentiels pour la stabilité du régime, comme des émeutes ethniques dans le nord-ouest du pays. Des messages qui prennent parfois la forme de contenus décalés et loin du sujet principal, et donc sensible.

Une stratégie bien connue d’un autre pays réputé pour limiter la liberté des internautes en ligne, la Russie de Vladimir Poutine. Le Kremlin avait d’ailleurs défrayé la chronique l’an passé. La raison ? L’existence des « trolls de Saint-Petersbourg« , surnom donné par certains médias aux centaines d’employés engagés par le gouvernement pour diffuser sur l’ensemble du web des messages de propagande sous forme de posts ou de commentaires, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans les zones de discussion des sites d’actualités.

Dans les deux cas, cette méthode parfois appelée « astrosurfing » est destinée autant à noyer les messages de l’opposition au milieu de centaines de milliers de posts propagandistes, que d’essayer de convaincre du mérite des autorités et des dirigeants.

ISIS, spécialiste de la propagande en ligne

La propagande dans la langue de Dostoïevski n’est pas réservée aux autorités russes. Dans sa stratégie de recrutement, principalement menée sur les réseaux sociaux, l’Etat Islamique a dernièrement ciblé spécifiquement la population digitale russe avec des messages, vidéos et commentaires postés en langue russe sur différents réseaux.

Une méthode qui n’est pas nouvelle pour le groupe terroriste, qui a toujours su utiliser les réseaux sociaux pour recruter et effrayer, profitant parfois du manque de réactivité de certains réseaux à contrer cette propagande et bloquer les comptes utilisés à de telles fins.

Entre glorification de l’Etat, diabolisation de l’ennemi ou diffusion de la haine, ces différents exemples montrent l’utilisation malsaine qui peut-être faite des réseaux sociaux et du web en général. De quoi soulever une nouvelle fois la question d’un meilleur contrôle de l’Internet et de ces applications. 

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