Quand les états bloquent les réseaux sociaux

Avec le blocage des réseaux sociaux, les gouvernements tentent de contrôler leurs concitoyens. Quelles sont les objectifs de ces méthodes et comment les contourner.

Ce n’est pas nouveau : en quelques années, les réseaux sociaux sont devenus le vecteur principal des protestations et des revendications des citoyens envers leurs gouvernements et dirigeants, à coups de tweets, de posts Facebook ou de vidéos Youtube.

L’universalité, l’intuitivité et la rapidité de ces plateformes sociales offrent aux citoyens lambda la possibilité de partager facilement avec le monde entier leur mécontentement, ou aux militants d’organiser manifestations et autres actions de protestation.

Face à ce courant protestataire 2.0, certains gouvernements ont pris des mesures coercitives, en bloquant purement et simplement l’accès à certains réseaux sociaux à l’occasion d’événements spécifiques plus ou moins sensibles. Une mesure devenu courante, et dont les exemples sont légions depuis plusieurs années.

Dernier exemple en date, le gouvernement vietnamien aurait selon certaines sources bloqué l’accès à Facebook et à Instagram au cours du dernier week-end. La raison de ce blocage de réseaux sociaux : empêcher les citoyens d’organiser de nouvelles manifestations et ainsi annihiler le mécontentement des manifestants.

Des actions protestataires de la part de la population qui font suite à la découverte de la mort de millions de poissons sur les côtes du pays, potentiellement liées aux activités d’une entreprise taiwanaise – Formosa Plastics – accusée d’avoir pollué l’environnement maritime vietnamien.

Autre exemple frappant, à l’occasion des dernières élections présidentielles ougandaises, le gouvernement en place n’a pas fait les choses à moitié : en bloquant l’accès à Facebook, Twitter et WhatsApp, les dirigeants du pays ont espéré faire taire les protestations liées à la réélection du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.

Officiellement pourtant, la raison de cette censure est toute autre, le gouvernement ayant indiqué que ces mesures avaient été prises afin de limiter les risques d’actes terroristes à l’occasion de la cérémonie officielle d’inauguration du président.

Coutumier du fait, l’état ougandais avait récemment été pris pour cible par le collectif Anonymous, dans le cadre de l’action #OpAfrica afin de dénoncer les gouvernements coupables de censure sur Internet.

Le blocage de réseaux sociaux, un moyen de pression

Dans certains cas, l’objectif du blocage n’est pas directement dirigé à l’encontre des utilisateurs, mais au contraire envers le réseau social lui-même.

A plusieurs reprises au cours des derniers mois, la justice brésilienne a ainsi ordonné le blocage de l’application de messagerie instantanée What’s App, reprochant à l’entreprise américaine de ne pas fournir certaines données liées à une enquête criminelle sur le territoire brésilien.

Une situation différente, mais qui au final pénalise indirectement des centaines de millions d’internautes privés de leurs services. Une décision qui impacte également le réseau social lui-même : lors du dernier blocage de What’s App au Brésil, plus d’un million d’utilisateurs s’est tourné vers son concurrent Telegram.

Cette stratégie de pression n’a pour le moment pas été couronnée de succès, le réseau social affirmant vouloir protéger la vie privée et les données personnelles de ces utilisateurs. Relançant ainsi s’il le fallait le débat sur la confidentialité.

VPNs et Tor à la rescousse

Face à ces actes de censure plus ou moins temporaires, les prouesses technologiques actuelles permettent aux utilisateurs de contourner ces blocages.

Utilisés depuis longtemps dans des pays ou les réseaux sociaux sont constamment censurés ou étroitement surveillés, comme la Chine ou la Russie, les VPNs sont très populaires afin de permettre aux utilisateurs de conserver l’accès à leurs réseaux sociaux. Ainsi au Vietnam, le service de VPN Hola a indiqué avoir enregistré une augmentation d’environ 200.000 utilisateurs au cours du dernier week-end pour accéder aux services de Facebook.

C’est également le cas de Tor, le réseau anonyme de plus en plus populaire mais critiqué, qui permet de naviguer de façon anonyme sur le web.

Face à la censure mises en place par les gouvernements, les internautes disposent donc de nombreuses solutions et de soutiens dans leur combat pour la liberté d’expression sur les réseaux sociaux.

Categories
Actualité SEO
Aucun commentaire

Répondre

*

*

Dans la même catégorie