Google bombing: Poutine est-il Sauron?

ou comment les internautes jouent avec l'algorithme du moteur de recherche
Google bombing

Google bombingUne fois de plus Google a du intervenir manuellement sur ses résultats cette semaine. Google Translate a en effet été victime d’un « Google bombing » en Ukraine forçant la traduction de « Fédération de Russie » en « Mordor » ou encore en suggérant « occupants » pour la traduction du mot « russes ». C’est relativement gentil (encore que le contexte est bel et bien tendu) et localisé mais cela montre qu’il est toujours possible de lancer des attentats contre l’algorithme de Google: des « Google bombings ».

Origine du concept de Google bombing

Tout d’abord commençons par définir le concept. Dans le Google bombing, il s’agit de cibler une page spécifique que les non-violents « cyberterroristes » veulent placer premier sur un résultat de recherche dans le moteur. En gros, ils référencent une page satirique ou humoristique sur une recherche sérieuse. La plupart du temps, il s’agit de regroupements de spécialistes du « Search Engine Optimization », référenceurs en français, qui mettent en commun leurs resources pour atteindre un résultat efficace sur des mots-clés relativement peu populaires.   Ils font alors de nombreux liens dont l’ancre reprend un terme décidé au préalable et qui pointent vers la page proie.   Par exemple, faire pointer de nombreux liens avec le texte ‘incrédule » vers cette page la fera remonter sur cette requête dans le moteur de recherche. Concernant l’attaque des hackers ukrainiens, il s’agissait de saturer Google Translate par cette traduction erronnée.  L’algorithme, apprenant de ses internautes, a associé les termes.

Quel risque pour les marques ou personnalités

Cela démontre le tort que peut créer une communauté contre un gouvernement, une marque ou une personnalité. Toutefois le risque est à nuancer à deux niveaux. Premièrement, les « Google bombers » ne peuvent que difficilement détrôner des positions bien établies et cherchent donc généralement des mots-clés peu populaires. Ainsi, les grandes marques arrivent généralement à se protéger d’attaques réellement dommageables pour leur réputation. Deuxièmement, Google réagit relativement rapidement aux bombes qui créent un buzz et corrige manuellement ses résultats. En conclusion, c’est désagréable mais généralement de courte durée. Le réel risque est généralement créé par des scandales réels relayés par la presse et dont les positions sont souvent légitimes et stables dans les résultats du moteur. Cela a créé un autre concept: la e-réputation.

Les bombes Google les plus connues

Voici quelques unes des Google Bombes les plus connues:

  • « Trou du cul du Web » a pointé en 2009 sur le site de Nicolas Sarkozy et « Nicolas Sarkozy » pointé vers le site du film « Iznogoud »,
  • « Magouilleur » a donné la page de Jacques Chirac en premier résultat,
  • « on va tuer la france » a proposé quelques jours le site de l’UMP en premier résultat,
  • « miserable failure » a pointé un temps en premier résultat sur la biographie « George Bush » sur le site de la Maison Blanche,
  • « Mitt Romney » présentant « completely wrong » pour la recherche sur le candidat à la présidence américaine,
  • « find Chuck Norris » qui présentait une page disant que Google ne peut trouver Chuck Norris, c’est lui qui vous trouvera,
  • « Worst band in the World », traduisible par le pire groupe au monde pointait vers le site de Creed,
  • « french military victories » a proposé une alternative « french military defeats », transformant les victoires françaises en défaite,
  • « dangerous cults » pointait vers le site de la Scientologie,
  • « buffone » sur Google.it redirigeait vers le site de Silvio Berlusconi,-
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