Quand le web lutte contre le terrorisme

Poussés par les gouvernements et les utilisateurs, les acteurs du web entament leur lutte contre le terrorisme

Alors que Google aurait récemment supprimé une application utilisée par les talibans pour faire leur propagande en ligne, le débat sur la responsabilité des principaux acteurs du web est plus que jamais d’actualité.

Est-ce un combat perdu d’avance ? C’est la question que le monde du web se pose tant Internet offre aujourd’hui de possibilités aux terroristes de diffuser leur message de haine auprès des internautes, en particulier les plus jeunes.

Souvent pointés du doigt pour leur laxisme, les acteurs du web semblent enfin conscients de leurs responsabilités et s’engagent de plus en plus dans la lutte contre le terrorisme depuis quelques mois, en particulier suite à la série d’attentats ayant touchés l’Europe et les Etats-Unis.

Google supprime une application

Dernièrement, c’est Google qui s’est illustré en supprimant une application appelée Alemarah, présente pendant quelques heures sur le Google Play Store, et utilisée par les talibans pour diffuser leur idéologie.
Les talibans ne sont pas précurseurs dans le domaine. Daech, groupe terroriste reconnu pour son utilisation des nouvelles technologies, dispose déjà de plusieurs applications mobiles ou webradios lui permettant de diffuser ses propres contenus sur les smartphones de ses sympathisants. Ces applications cependant, ne sont pas disponibles sur les plateformes officielles habituelles, mais reste malgré tout accessibles par d’autres biais.

La réaction rapide de la firme californienne, qui aurait supprimé l’application le jour même de sa sortie, contraste avec le laxisme de certains réseaux sociaux, particulièrement montrés du doigt il y a quelques mois par les utilisateurs et les autorités. Ainsi en novembre, Facebook était la cible d’une vindicte populaire, accusé de ne pas supprimer des vidéos de propagande diffusées sur le réseau par le groupe terroriste Daech.

Google n’est pas le seul géant du web à réagir face au terrorisme. Début février, Twitter annonçait de manière officielle avoir supprimé ou suspendu plus de 125.000 comptes sur son propre réseau, tous liés à des activités ou des propos relatifs au terrorisme. Des actions facilitées par les signalements des autres utilisateurs, et par l’implication du groupe activiste Anonymous, qui aurait dévoilé et fourni à Twitter une liste d’environ 9000 comptes appartenant à des partisans de l’Etat Islamique.

Des actions peu efficaces

Si Google et les réseaux sociaux semblent enfin prêts à réagir, l’efficacité de leur action reste difficile à percevoir dans la lutte contre le terrorisme.

La suppression d’un compte Twitter est souvent suivie de la création quasi-instantanée d’un nouveau compte, et il n’est probablement qu’une question de temps avant qu’une nouvelle application de propagande terroriste voit le jour sur une plateforme ou une autre. L’utilisation d’autres applications, comme la messagerie instantanée WhatsApp, rend particulièrement difficile la tâche des autorités dans leur lutte contre le terrorisme.

C’est donc un véritable défi qui attend les géants du web. Un challenge qui se confronté aux questions de confidentialité et de respect de la vie privée, source de tensions entre acteurs du web et gouvernements, comme entre Apple et le FBI dernièrement.

Face à la complexité de la tâche qui les attend, Facebook, Google et compagnie semblent déjà avoir opté pour une autre solution: la création, sous l’impulsion du gouvernement français, d’une fondation afin de financer des campagnes en ligne contre la radicalisation

 

 

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